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EN SAVOIR PLUSLe prix d’un repas au restaurant est toujours un sujet de discussion chez les consommateurs. Aujourd’hui, beaucoup considèrent que « aller au resto » est devenu trop cher. Mais quel est réellement le juste prix ? Et dans quelle mesure a -t-il vraiment augmenté ?
Début mars, les taux de TVA auxquels sont soumis les différents produits du service du secteur vont évoluer, ce qui provoquera sans doute de nouvelles variations de prix.
À la veille de cette réforme, Horeca Forma Be Pro propose dans cet article de prendre un pas de recul et d’analyser objectivement l’évolution des prix dans la restauration depuis la fin de la crise Covid. Les données montrent que l'impression partagée est en réalité plus nuancée : oui, les prix ont augmenté, mais cette hausse est la conséquence d’une explosion des coûts longtemps absorbée par les marges des professionnels.
Des prix qui augmentent moins vite que les coûts
L’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) permet de mesurer l’évolution des prix réellement payés par les consommateurs. Il inclut la TVA et tient compte des variations saisonnières, ce qui en fait un outil pertinent pour comparer différents postes de dépenses

Données Statbel - Calcul HFBP
La comparaison de l’évolution des prix des « produits alimentaires et boissons non alcoolisées » à celle des « services de restauration » fait apparaitre un constat claire : les prix du supermarché ont augmenté plus tôt et plus fort que ceux du restaurant. Or, le prix de ces « produits alimentaires et boissons non alcoolisées » est aussi un indicateur du coût des matières premières pour le restaurateur.
Entre janvier 2022 et mars 2023, les produits alimentaires affichaient déjà une hausse d’environ 23 %. Sur la même période, les prix des services Horeca n’ont augmenté que d’environ 9 %. Ils atteignent un tel niveau de hausse uniquement en décembre 2025. L’augmentation des prix dans l’Horeca a donc été plus modérée et plus lente.
Ainsi, pour les restaurateurs, le coût des matières premières a augmenté plus vite que le prix facturé au client et les marges ont dû être réduites. En plus, cette pression sur les marges ne s’est pas limitée aux matières premières. Le prix de l’énergie a explosé et les coûts du travail ont suivi l’inflation généralisée. L’ensemble de ces facteurs a donc durablement érodé la rentabilité du secteur.
Fin 2025, l’écart entre les indices s’est progressivement réduit : les prix des restaurants sont en train de « rattraper » ceux de l’alimentaire. Ce rattrapage incomplet et tardif ne compensera toutefois pas les pertes accumulées pendant plusieurs années.
Une hausse des prix loin d’être uniforme
Parler de « la » hausse des prix dans les services de restauration est réducteur. En réalité, les évolutions diffèrent fortement selon les services proposés.

Données Statbel - Calcul HFBP
La catégorie « services de restauration » se compose des « restaurants et cafés » et des « aliments et boissons à emporter » (les cantines ne sont pas prises en compte dans cette analyse). Sur l’ensemble de la période étudiée, les prix des aliments et boissons à emporter ont augmenté de 33 %, contre 22 % pour les restaurants et cafés. Dans la restauration traditionnelle, l’augmentation des coûts des matières premières et des autres charges est donc loin d’avoir été compensée.
Si les chiffres montrent une différence réelle, cela n’est pas forcément ressenti comme tel par les consommateurs. Beaucoup ont l’impression que le prix du restaurant a « explosé », une critique que l’on entend moins à propos des produits à emporter. Ce biais de perception s’explique en grande partie par un effet de valeur absolue. Les produits à emporter se situent généralement dans une gamme de prix plus basse. Une augmentation de 33 % sur une gaufre vendue 3 € représente environ 1 € supplémentaire. À l’inverse, une hausse de 22 % sur un repas à 20 € se traduit par une augmentation de 4,40 €. Même si le pourcentage est plus élevé pour l’emporter, l’augmentation du prix du repas consommé au restaurant est plus visible pour le consommateur. Ce décalage alimente l’idée d’une hausse excessive, alors que du point de vue économique, les marges des « restaurants et cafés » ont été plus fortement réduites.
En conclusion
L’analyse des données conduit à un constat clair : depuis la sortie de la crise sanitaire, les prix des services de restauration ont augmenté plus lentement que les coûts. La hausse observée relève d’un rattrapage progressif sur des marges longtemps compressées. Celle-ci varie selon les sous-catégories concernées. Dans ce contexte, les mesures d’harmonisation des taux de TVA soulèvent différentes questions.
Le taux de TVA des produits à emporter va passer de 6 % à 12 % alors que leur prix a déjà beaucoup augmenté ces dernières années. Ce nouvel ajustement se traduira-t-il par une hausse supplémentaire pour le consommateur ?
Les boissons non alcoolisées qui passent de 21 % à 12 % de TVA représentent une part non négligeable des ventes des restaurants et cafés. Cette mesure permettra-t-elle de reconstituer, au moins partiellement, des marges mises sous pression par plusieurs années d’inflation ?
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No Show: petite absence, grosses conséquences
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