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EN SAVOIR PLUSDepuis plusieurs années, l’Horeca est systématiquement présenté comme un secteur « en pénurie ». Les entreprises offriraient de l’emploi et auraient des difficultés à trouver du personnel. A l’heure où la réforme du chômage est mise en application, de nombreux chercheurs d’emploi se retrouvent privés d’allocations et pourraient être tentés de se tourner vers l’Horeca. Mais le secteur est-il toujours réellement demandeur de main-d’œuvre ?
Horeca Forma Be Pro, centre de référence des métiers de l’Horeca à Bruxelles, s’adresse autant aux chercheurs d’emploi qu’aux travailleurs et employeurs du secteur. Cette position offre un point d’observation privilégié pour analyser les difficultés de recrutement. En s’appuyant en plus sur les données d’Actiris, Horeca Forma Be Pro propose dans cet article une analyse chiffrée et réaliste de cette problématique.
Des opportunités plus limitées ?
Le site View.Brussels permet d’analyser précisément les offres d’emploi reçues par Actiris. Pour mesurer les difficultés de recrutement de manière quantitative, l’évolution du nombre d’offres « en suspens » est un indicateur fort. Il comptabilise à la fin de chaque mois le nombre d’offres encore ouvertes. Si recruter est difficile ce nombre d’offres d’emploi devrait être croissant ou stable. À l’inverse, il devrait diminuer si le recrutement est plus facile.
Le graphique ci-dessous illustre l’évolution de cet indicateur pour les offres émises par des entreprises rattachées au secteur Horeca situées en région Bruxelles-Capitale.

Une dynamique nette se dégage : le nombre d’offres en suspens a grimpé au sortir de la crise Covid et est resté élevé jusqu’à l’été 2023. Depuis, il diminue progressivement. Ainsi, fin janvier 2026, 136 offres d’emploi étaient encore ouvertes. Trois ans auparavant, fin janvier 2023, on en comptait 408, soit trois fois plus. Autrement dit, les difficultés de recrutement semblent s’être aujourd’hui nettement atténuées.
Évidemment, cet indicateur reste partiel. Dans le secteur, Actiris n’est pas le canal de recrutement privilégié et les employeurs ont recours à de nombreux autres outils (Mister Horeca, Indeed, réseaux sociaux, bouche-à-oreille…). Cela met toutefois en évidence une dynamique forte : les tensions sur le marché du travail ne sont plus les mêmes aujourd’hui qu’à la sortie du Covid. Plusieurs facteurs permettent d’expliquer cette évolution.
Des explications multiples
De nombreux travailleurs ont quitté le secteur durant le Covid. La pénurie de main-d’œuvre observée ensuite avait différentes causes : un nombre élevé d’offres d’emploi (pour pallier les départs), un manque de candidats qualifiés et des conditions de travail peu attractives. Les évolution récentes de ces trois facteurs expliquent la réduction des difficultés de recrutement.
Moins d’offres d’emplois fixes.
Depuis le Covid, les crises se sont enchaînées dans l’Horeca. Aujourd’hui, le contexte économique du secteur n’est propice ni au développement ni au recrutement. L’augmentation des coûts du travail, notamment, pèse directement sur l’emploi. Quand c’est possible, les employeurs privilégient donc maintenant des formes d’emploi plus flexibles et moins couteuses (étudiant, flexi).
Contenu de l’article

Le graphique ci-dessus présente le nombre d’offres d’emploi reçues par Actiris (secteur Horeca - région Bruxelles-Capitale). Sur l’ensemble de l’année 2025, Actiris a reçu 1497 offres d’emploi provenant du secteur Horeca. C’est presque 1000 de moins qu’en 2023 ce qui confirme le recul du recrutement dans le secteur.
Ainsi, les tensions diminuent d’abord car le besoin de travailleurs fixes s’est réduit.
Plus de candidats qualifiés.
Au contact du terrain, Horeca Forma Be Pro observe un deuxième phénomène, plus marginal. Dans la vague de travailleurs ayant quitté l’Horeca à la sortie du covid, une partie pourrait être resté « en standby » depuis lors. Certains ont pris du temps pour eux, d’autres ont cherché à se réorienter ou tenté d’ouvrir leur propre entreprise. Beaucoup ont continué à travailler ponctuellement dans le secteur, à temps partiel, en intérim ou en extra. La suppression des allocations de chômage concerne beaucoup de ces profils sans emploi fixe depuis plus de deux ans. Contraints de retourner rapidement vers l’emploi, l’Horeca constitue alors pour eux l’option la plus accessible.
Avec l’annonce de la réforme du chômage, le nombre de candidats qualifiés et expérimentés pourrait déjà avoir augmenté, réduisant ainsi les difficultés de recrutement.
Des offres d’emplois plus attirantes ?
Enfin, depuis le Covid et face aux difficultés de recrutement, beaucoup d’employeurs ont réfléchi à l’attractivité de leur offre d’emploi. De nombreux établissements proposent désormais directement des CDI.

Le graphique ci-dessus illustre le type de contrat proposé dans les offres d’emploi reçues par Actiris (secteur Horeca - Région Bruxelles-Capitale). En 2018, 40% des offres reçues étaient des CDI, depuis ce nombre a augmenté progressivement (hormis en 2020) et atteint 50% en 2025.
Quand c’est possible, les employeurs tentent aussi d’offrir aux travailleurs des horaires plus agréables : offrir des temps plein, des services continus, du travail de jour. Cette prise de conscience généralisée tend à rendre le secteur plus attractif et à réduire les difficultés de recrutement. Toutefois, ces améliorations restent encore limitées et la pression économique est souvent reportée sur les équipes.
Conclusion
Aujourd’hui la pénurie de main d’œuvre ne constitue plus l’enjeu réellement prioritaire pour le secteur de l’Horeca. Des difficultés de recrutement apparaissent encore de manière ponctuelle notamment pour les postes plus qualifiés mais, dans l’ensemble, les employeurs qui peuvent offrir des conditions de travail attrayantes trouvent rapidement des candidats qualifiés. Le secteur ne fait donc plus face à une pénurie généralisée, mais à des tensions plus ciblées. Les opportunités, dans l’Horeca, pour les personnes exclues du chômage apparaissent donc plus limitées qu’annoncé.
Intensif en main-d’œuvre, le secteur reste toutefois un important pourvoyeur d’emploi, en particulier pour les publics moins diplômés. Cependant, l’enjeu principal semble être d’abord la relance de l’activité économique et la stabilisation du secteur. Avant de pouvoir intégrer durablement les personnes exclues du chômage, les entreprises doivent disposer des conditions nécessaires pour recruter davantage, offrir des emplois stables et améliorer les conditions de travail.
Face à ces nouvelles réalités du marché du travail, Horeca Forma Be Pro se tient aux côtés du secteur pour accompagner les chercheurs d’emploi comme les travailleurs et les employeurs.
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